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« Les fantômes de Shearwater » Charlotte McConaghy – Actes-Sud, 2026

Shearwater est une île imaginaire perdue en plein océan austral entre la Tasmanie et les côtes de l’Antarctique. Elle y héberge une station scientifique internationale dont le but est de préserver toutes les graines végétales connues de la planète. Sa faune compte également un nombre incalculable d’otaries, éléphants de mer et autres manchots, pétrels et albatros. Cette île ressemble à s’y méprendre, et ce n’est bien sûr pas un hasard, à la très réelle Île Macquarie située au même endroit et sur laquelle l’autrice, Charlotte McConaghy dit s’être isolée avec sa famille préalablement à l’écriture de son livre. C’est sans doute pour cette raison que le dernier livre de l’autrice australienne transporte le lecteur avec tant de réalisme au cœur des embruns d’un océan infini, parmi les mousses, lichens et autres prairies et herbes hautes battues par des vents incessants ou encore entre râles et gargouillis des troupeaux d’otaries à fourrures. Mais revenons à Shearwater et à ses fantômes. Car l’île est menacée par la montée des eaux et un climat toujours plus hostile. Les derniers gardiens de la station scientifique, un père et ses trois enfants, découvrent le corps abîmé mais encore en vie d’une femme visiblement victime d’un naufrage. Leur stupeur tient moins à ce qu’elle soit encore en vie qu’à la raison de sa présence, loin de toute côte ou route maritime. Et c’est à ce moment-là que l’on se demande s’il est vraiment raisonnable d’avoir ouvert ce livre, tant il est impossible dès lors de quitter ce récit polyphonique totalement addictif ! Thriller écologique envoûtant, chacun des personnages apporte successivement sa pierre à l’édifice des passions et tourments vécus sur ce rocher en perdition au milieu de nulle part et qui façonnent la trame d’un récit aux multiples rebondissements. Un huis clos redoutable qui éclaire sur la fragilité des sentiments et des grandes ambitions humaines face à un environnement naturel qui s’adapte à toutes les situations pour le meilleur et pour le pire.

Et s’il manque à vos lectures « Migrations » et « Je pleure encore la beauté du monde » paru récemment en poche aux éditions Babel, quelle chance ! Vous aurez encore deux occasions de vous plonger à nouveau dans l’univers passionnant de Charlotte McConaghy !